Commerce électronique : l’offre Québécoise déficiente
Commerce électronique : l’offre Québécoise déficiente

Selon l’indice du E-commerce au Québec du CEFRIO, 47 % des achats en ligne des Québécois effectuées en septembre 2008, ont été faits sur des sites étrangers, comparativement à 33 % en juillet 2008, confirmant ainsi une tendance à la hausse des achats à l'étranger".

Ce genre de constat se répète année après année depuis le début des activités du commerce en ligne et rien ne semble motiver nos entreprises à profiter de cette manne. L’absence d’une offre québécoise a toujours été déficiente laissant le champ libre à l’offensive étrangère qui en profite de plus en plus.

Pourtant, les enjeux financiers et d’emplois sont de première importance.

Les entreprises étrangères profitent largement du potentiel canadien en utilisant des façades laissant l’impression qu’elles sont installées ici, chez-nous. Pourtant, il n’en est rien. Des filiales canadiennes d’entreprises étrangères comme Amazon.ca, eBay.ca et autres n’ont de canadien que le nom; elles emploient peu de gens d’ici tout en empochant des revenus incroyables. eBay Canada, compte sept employés canadiens, mais a récolté 1 milliard de dollars américains entre avril 2007 et avril 2008 directement dans les poches des Canadiens. Amazon est pire puisqu’il n'a aucun employé au Canada. Son site Amazon.ca est géré et administré de Seattle.

Les détaillants en ligne étrangers auraient empoché 142 millions de dollars en septembre, soit 134 $ par consommateur en moyenne et la tendance n'est pas près de s'inverser. Selon eMarketer,  dans une analyse publiée en janvier 2009, plusieurs détaillants ciblent le marché du commerce électronique canadien afin de compenser le ralentissement des ventes aux USA. Maintenant, de nombreuses entreprises à l’exemple d’Overstock.com et Saks.com offrent la vente et la livraison au Canada. La formule est tellement attrayante qu’elle fait des petits, puisque Newegg, imite Amazon et ouvrent un site canadien en utilisant leurs ressources américaines.

Cette stratégie est payante : Newegg a annoncé le 10 février dernier  que leur clientèle canadienne avait doublé trois mois après l'ouverture de Newegg.ca, atteignant 30 000 clients, malgré la crise actuelle pour des ventes d’environ $4,020,000

N’allons surtout pas croire que les entreprises américaines s’arrêteront là ! On comprend pourquoi le vice –président de NewEgg affirme qu’ils accéléreront leurs efforts au Canada. Et comme ces entreprises s’occupent de leurs affaires, le jour n’est loin que ces sites seront traduits en français pour mieux servir la clientèle francophone au Canada.

Pendant ce temps, les entreprises d’ici ne semblent pas réaliser que la parade est en marche et qu’elle passe devant leurs entreprises. L'offre québécoise est tellement déficiente que les consommateurs d’ici évitent de transiger avec nos sites d’ici. Catherine Giguère, qui achète en ligne depuis plus de trois ans, peut témoigner de la déception des consommateurs.

"Je fais la très grande majorité de mes achats sur des sites américains comme LandsEnd.com, LaneBryant.com ou encore sur le Disney Store", dit Mme Giguère. Pourquoi ? "D'abord pour les prix. C'est très souvent moins cher. Aussi parce que l'offre en ligne au Québec est très restreinte. Enfin, quand des sites de commerce électronique existent ici, l'expérience de magasinage est horrible", ajoute-t-elle.

Elle a eu une expérience particulièrement désastreuse avec le site de Renaud-Bray durant les Fêtes. "J'ai commandé en même temps des vêtements sur le site américain de Lands' End et des livres et des jeux sur celui de Renaud-Bray. J'ai reçu mes vêtements quatre jours après ma commande, alors que les livres et les jeux m'ont été expédiés deux semaines plus tard. De plus, sur le site américain, il est possible d'obtenir un suivi par courriel de l'état de notre commande. Sur le site québécois, j'ai envoyé un courriel pour demander ce qui se passait et je n'ai reçu de réponse que deux mois après. L'équipe de Renaud-Bray s'excusait des retards occasionnés par une trop forte demande durant les Fêtes. C'est tout simplement inacceptable."
Pertes d’emploi avec ça ?

L'offensive déterminée des cybers détaillants étrangers ne viendra pas seulement des États-Unis. "Dans le secteur du voyage, ce sont plutôt les Européens qui  inquiètent Expedia.ca et Hotels.ca.

"Booking.com [une entreprise hollandaise], par exemple, n'a pas ouvert de sites en .ca, mais elle cherche à amener des Canadiens à acheter en ligne sur son site.
Selon Michelle Blanc, une des rares analystes du Québec à avoir perçu cette tendance, l'emprise croissante des sites étrangers sur le commerce électronique dans la province aura des conséquences importantes. Au chapitre des emplois, tout d'abord. Plus le temps passe et plus les Québécois prennent l'habitude d'acheter à l'étranger. "Ainsi, dans plusieurs catégories de produits et de services, il sera difficile de battre les Amazon et eBay de ce monde", dit Mme Blanc. Les entrepreneurs ne verront aucune raison valable de se lancer dans ce domaine.

"De plus, une part sans cesse grandissante des ventes qui se faisaient traditionnellement en magasin se fait désormais en ligne", ajoute Mme Blanc. La présence de cyber détaillants étrangers fera perdre de plus en plus de ventes aux détaillants canadiens, ce qui pourrait les conduire à sabrer dans leur effectif.

Moins d'activités en ligne réalisées par des entrepreneurs québécois, c'est aussi moins de travail pour les entreprises de services-conseils, de développement de logiciels, de marketing et de design Web. Sans compter les services technologiques, de loin le plus grand secteur de l'industrie québécoise des TIC.

Source : condensé par Daniel Vachon d’un article de Jérome Plantevin, publié dans Les Affaires.Com  27 février 2009.

Commentaires de Daniel Vachon, président de Vachon Groupe Affaires Inc.

Depuis près de huit ans, j’observe ce désintéressement des PME du Canada et du Québec en regard du commerce électronique. L’Initiative Canadienne pour le Commerce Électronique avait relevé de façon récurrente cette situation regrettable sans vraiment que ces avis modifient les attitudes des entreprises.

L’handicap majeur dans la déficience de l’offre des entreprises québécoises, réside dans l’absence de compétences reconnues en matière de commerce électronique et plus précisément  sur les processus d’affaires électroniques. Donc, sur les façons de faire en ligne  qui sont forts différentes des activités traditionnelles.

Ces pratiques évoluent rapidement,  influencées par les nouvelles  technologies, les initiatives de commercialisation ainsi que les habitudes des internautes. Le retard de nos entreprises s’accentue à tous les jours dans ce monde en effervescence.

Tant et aussi longtemps que les entreprises confieront le développement de leurs activités commerciales en ligne au premier venu sans compétence spécifique,  la situation restera la même.

Vachon Groupe Affaires est la seule firme conseil spécialisée en processus d’affaires électroniques qui a élaboré la méthode Capisoft™, en plus d’offrir des services d’impartitions de Classe Mondiale aux entreprises d’ici et d’ailleurs.